Comment vaincre une peur

par Jan 22, 2022

Peur de parler en public, peur de la solitude, peur du regard de l’autre, peur de l’engagement, peur de l’échec…nous sommes capables d’éprouver peur même quand tout va bien.

La peur est une des émotions qui accompagnent la prise de conscience d’un danger ou d’une menace. Comme chaque émotion c’est une forme d’énergie qui est là pour nous permettre de mieux agir. Notre vrai souci ce n’est pas d’avoir peur. La peur en elle-même peut être même bénéfique. C’est tout simplement une réponse adaptatrice à un contexte donné. Ma peur de parler en public me poussera à travailler plus mon contenu afin d’être prêt. La peur de la solitude est là pour m’assurer des relations profondes et de qualité. La peur du regard de l’autre me permet de mieux synchroniser mes actions par rapport aux attentes des autres. La peur de l’engagement me permet d’intensifier le moment présent et de me détacher des projections que je pourrais avoir avec cette personne dans le futur. Et la peur de l’échec nous pousse vers l’excellence.

Chaque peur a sa place et son utilité et c’est à nous d’apprendre à décoder son sens et d’apprendre à utiliser son énergie.

Nous ne souffrons pas des peurs elles-mêmes. Nous souffrons de notre incapacité de gérer nos peurs car nous ne comprenons pas assez bien leur mécanisme et leur fonction. A force de mal gérer la peur, nous développons la peur d’avoir peur, qui rajoute une couche de complexité à la tâche de la gestion de peur. Le résultat est que dès qu’on ressent un signe de peur, on se sent perdu et dépourvu de nos moyens de maîtriser la situation.

La fonction de base de la peur est de nous protéger d’un danger potentiel et assurer la survie. Si nous rencontrons un animal sauvage, la peur va mobiliser toutes nos ressources pour combattre ou fuir la menace. Les hautes fonctions cognitives de la conscience qui consomment une grande quantité d’énergie sont éteintes pour laisser place à nos instincts de survie, beaucoup moins conscients et énergivores. C’est une réaction très adaptée à un contexte de survie, beaucoup moins à un contexte de prise de parole en public où l’accès à notre conscience est primordial pour la réalisation de la tâche.

Mais qu’est-ce qui fait qu’on vit la même chose dans un contexte où notre vie n’est pas menacée ?

Prenons l’exemple de la prise de parole en public qui est une des peurs partagées par la majorité d’entre nous. Pourquoi notre cerveau va se mettre en mode survie dans une situation qui en apparence ne menace pas notre vie ? Pourquoi notre peur d’être rejeté du groupe nous fait autant souffrir ?

Une étude scientifique à démontré que le rejet et la douleur physiologique sont encodés par le même pattern neurologique.

On peut dire que le rejet fait mal dans notre cerveau.

Prendre la décision de parler en public, inclut un risque pas négligeable d’être rejeté pour nos idées. C’est même presque certain, de créer des opposants à nos idées. Un opposant est suffisant pour notre cerveau pour qu’il se dise « Ca va faire mal, il vaut mieux éviter de prendre le risque de souffrir. » et de vouloir se comporter de manière démesurée comme si on était un train de fuir un danger de mort.

Dans toutes les peurs on peut trouver une dimension qui inconsciemment touche à la survie.

La peur de la solitude est une peur de mourir aux yeux des autres. La peur de l’engagement à l’opposé est une peur de mourir pour soi à force d’être présent pour l’autre. Dans la peur de manquer de confiance se cache la peur d’être dominé par l’autre suite à l’incapacité de prendre notre place. Alors que dans la peur de l’échec, on s’identifie à notre projet et si celui-ci meurt, on meurt avec.

Voyons maintenant comment faire pour ne pas tomber dans le mécanisme automatique de la peur et apprendre à gérer cette énergie.

Voici les 7 étapes pour déconstruire une peur.

  • Conscientiser la peur
  • Pour pouvoir maîtriser une émotion, j’ai besoin de pouvoir me rendre compte que je suis en train de la vivre. La peur inconsciente se cache derrière un sentiment de tension interne ou d’une angoisse. On sait qu’il y a quelque chose qui nous empêche à être pleinement nous-mêmes, comme un mécanisme de protection, mais on n’arrive pas à savoir d’où ça vient. Conscientiser la peur est la première étape du processus. Est-ce que je n’ouvre pas la conversation avec mon partenaire par peur qu’il me quitte, par peur de ne pas pouvoir gérer ma colère ou encore par peur d’être rejeté ? Est-ce que je n’entreprends pas le voyage de mes rêves par peur de l’inconnu ? Où peut-être que je sabote le projet qui m’inspire par peur de réussir ? La peur de réussir touche également à la survie, car si je réussis je développe une nouvelle personnalité qui implique le « suicide » de mon ancienne personnalité.

    Quelle est la peur qui se cache derrière vos attitudes aujourd’hui ?


  • Verbaliser la peur
  • La peur est comme une partie de nous qui a besoin de sentir qu’elle est entendue. A partir du moment où je prends conscience de ma peur et que je la verbalise, la tension interne descend. Au contraire si je réprime ma peur consciemment ou inconsciemment, elle va augmenter en tension pour pouvoir se faire entendre. Vous pouvez l’imaginer un peu comme un enfant qui se met à pleurer s’il ne s’est pas senti compris.


  • Identifier l’inconnu
  • Pour qu’on forme une émotion notre cerveau a besoin de facteurs qu’il ne connait pas. Tout ce qui est prévisible ne crée pas d’émotion. Je ne peux pas me chatouiller toute seule car mon cerveau sait exactement où je vais me toucher et à quel moment. S’il y a aucun moment de surprise, aucune émotion se produit. Voila pourquoi lorsqu’on passe trop longtemps dans notre zone de confort à faire des choses qu’on connait déjà, nous sentons moins d’énergie. Dans ma zone de confort, je connais tout et je ne peux pas avoir peur. Identifier ce qui crée mon émotion de peur, va me permettre de voir sur quel point je suis en train de faire grandir ma zone de confort et identifier la compétence que je suis en train de développer.


  • Aller dans son sens
  • A cette étape de la déconstruction de la peur le but est de prendre la même direction que la peur afin de s’allier à elle, au lieu de lui résister. Je peux exagérer la pensée qui me fait peur jusqu’à ce que je la rende ridicule. Par exemple une peur de parler en public va forcément diminuer si je me dis à moi-même : « c’est normal que tu aies peur, car ils sont tous armés et vont commencer à tirer sur toi si tu fais une seule erreur de langage ». Si c’est la peur d’être quittée je vais partir sur la pensée « je ne sais même pas comment tu arrives à avoir si peu peur car c’est garanti que plus jamais un homme voudra se mettre en couple avec toi » etc. A vous de trouver la phrase qui à la fois valide que c’est normal d’avoir peur et à la fois exagère les conséquences dans le futur.


  • Se dissocier
  • Un des soucis dans la gestion de la peur c’est que lorsque nous éprouvons de la peur nous avons l’impression qu’elle nous envahit complètement et qu’il n’y a aucune autre ressource dont on a accès. L’exercice de la dissociation consiste à apprendre à s’observer et localiser la peur dans le corps. Si j’arrive à localiser ma peur comme une énergie bloquée dans mon ventre ou ma poitrine, je peux trouver des stratégies pour la dissiper via la respiration ou bien quelques exercices physiques (sauter, courir, s’étirer). Me dissocier de ma peur me permet de prendre conscience que même si ma peur m’accompagne, j’ai accès à toutes mes autres ressources. Ma peur reste juste un attribut qui me permet de me rappeler que j’ai besoin de rester attentive car je suis en train de faire quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant.


  • Développer la gratitude envers ma peur
  • A cette étape on va chercher à comprendre en quoi ce qui me fait peur est bénéfique pour moi, quelle compétence je suis en train de développer dans cette nouvelle situation. Si la séparation avec mon partenaire me fait peur, en quoi cette peur renforce ma relation et mon engagement auprès de lui ? Comment la peur de parler en public me pousse à devenir un bon communicant qui s’entraîne inlassablement en amont ? Comment la peur de tomber malade me permet de prendre soin de ma santé ? Plus je vois des bénéfices de mes peurs, plus elles deviennent mes alliés et je peux utiliser leur énergie au service de mes objectifs.


  • Imaginer le pire arriver
  • Cette dernière étape demande du courage, mais elle permet clairement à désarmer une peur. Lorsqu’on affronte une situation nouvelle, notre cerveau commence à simuler inconsciemment tous les scénarios possibles. L’inconscient se prépare à anticiper un éventuel danger. Notre rôle à ce stade est de collaborer de manière consciente pour être prêt si le pire se produise. Comment je réagirai si mon chef refuse ma demande d’augmentation de salaire ? Quelle sera le comportement adapté si j’ai un blanc lors de ma présentation à la conférence ? J’irai jusqu’à imaginer que mon partenaire m’a trompé pour me préparer à ma réaction. Ca ne veut pas dire que le pire se produira. Au contraire, plus je suis à l’aise avec le pire scénario et moins je vais y penser. La peur nous pousse à penser à ce qui nous fait peur et à force de consacrer de l’énergie mentale dessus on finit par produire le pire scénario dans la réalité.

    La vraie gestion de nous-même vient de notre capacité de nous comprendre et de la connaissance d’outils qui permettent d’agir sur nos perceptions. S’entrainer à déconstruire nos peurs ne nous empêche pas d’en avoir d’autres, mais nous donne le pouvoir de décider comment utiliser cette énergie comme une ressource plutôt que de subir son impact paralysant. Avec plus de conscience sur nos programmes internes, nous pouvons changer la qualité de nos vies.

    Etude : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21444827-social-rejection-shares-somatosensory-representations-with-physical-pain/

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